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La France sévit contre l'ambassadeur américain qui a ignoré une convocation
information fournie par AFP 24/02/2026 à 09:36

L'ambassadeur américain en France Charles Kushner, le 4 décembre 2025 à Paris ( AFP / JULIEN DE ROSA )

L'ambassadeur américain en France Charles Kushner, le 4 décembre 2025 à Paris ( AFP / JULIEN DE ROSA )

Paris a décidé de révoquer l'accès direct au gouvernement français de l'ambassadeur américain Charles Kushner, qui a ignoré une convocation des Affaires étrangères après des commentaires sur la mort d'un étudiant d'ultradroite.

Le diplomate avait été convoqué en raison de la republication par l'ambassade américaine d'une réaction de l'administration Trump au décès à 23 ans de Quentin Deranque, battu à mort par des membres de l'ultragauche à Lyon, dans le centre-est de la France.

L'ambassade avait relayé un message évoquant des informations qui "devraient tous nous préoccuper".

Charles Kushner "ne s'est pas présenté" malgré l'appel du ministre des Affaires étrangères français Jean-Noël Barrot, a déploré lundi soir le Quai d'Orsay.

Une source diplomatique a indiqué à l'AFP que Charles Kushner s'est fait représenter par un responsable de l'ambassade américaine, invoquant des engagements personnels.

"c'est une surprise", a réagi mardi Jean-Noël Barrot sur France Info tout en réfutant l'idée que ce soit un camouflet.

"Quand on a l'honneur de représenter son pays, les États-Unis d'Amérique en France, comme ambassadeur, on respecte les usages les plus élémentaires de la diplomatie et on répond aux convocations du ministère des Affaires étrangères", a-t-il déclaré sur France Info.

"Face à cette apparente incompréhension des attendus élémentaires de la mission d'ambassadeur ayant l'honneur de représenter son pays, le ministre a demandé qu'il ne puisse plus accéder directement aux membres du gouvernement français", a annoncé le ministère.

Sollicité à plusieurs reprises par l'AFP, l'ambassade des Etats-Unis n'a pas donné suite aux demandes.

Jean-Noël Barrot a assuré que cet incident, qui relève de la "responsabilité personnelle" de l'ambassadeur, n'affecterait "en rien la relation entre la France et les États-Unis" qui fêtent cette année le 250ᵉ anniversaire.

"Elle en a vu d'autres, mais ça affectera naturellement sa capacité à exercer sa mission dans notre pays", a-t-il ajouté.

Interrogé sur la possibilité que l'ambassadeur soit déclaré persona non grata, Jean-Noël Barrot n'a pas directement répondu. Il a souligné la nécessité d'"avoir avec lui une explication".

"Je crois que tous les Français partagent le même sentiment", a-t-il insisté. "Nous n'acceptons pas que des pays étrangers puissent venir interférer puis s'inviter dans le débat politique national, quelles que soient les circonstances".

"C'est cette explication que nous devons avoir", a-t-il ajouté, précisant que le ministère souhaitait en outre évoquer les sanctions américaines à l'encontre de plusieurs citoyens européens, dont l'ancien commissaire européen Thierry Breton et le juge Nicolas Guillou.

L'administration Trump a dénoncé la violence politique d'extrême gauche et appelé à traduire les responsables de la mort de Quentin Deranque en justice.

"Nous refusons toute instrumentalisation de ce drame (...) à des fins politiques", a souligné dimanche Jean-Noël Barrot à la radio, estimant que la France n'avait "aucune leçon s'agissant de la violence, en particulier, à recevoir de l'internationale réactionnaire".

La Première ministre italienne Giorgia Meloni a également commenté la mort en France de Quentin Deranque, provoquant une passe d'armes avec le président français Emmanuel Macron qui l'a priée d'arrêter de "commenter ce qui se passe chez les autres".

- Tempête politico-médiatique -

M. Macron, qui avait affirmé quelques jours plus tôt qu'il n'y avait "pas de place pour les milices d'où qu'elles viennent", va réunir mardi matin des responsables gouvernementaux pour se pencher sur la lutte contre les "groupes violents ultras ou extrêmes".

La mort de l'étudiant, que Jean-Noël Barrot a qualifiée de "drame qui concerne la communauté nationale", a provoqué une tempête politique et médiatique en France, le parti de gauche radicale France insoumise (LFI) étant sous le feu des critiques.

Un suspect, mis en examen pour "complicité de meurtre", était, à ce moment-là, collaborateur parlementaire d'un député LFI.

Quant à l'ambassadeur américain, en fonctions dans la capitale française depuis l'été dernier, il avait déjà été convoqué fin août au ministère des Affaires étrangères après des critiques jugées inacceptables par Paris sur "l'absence d'action suffisante" d'Emmanuel Macron contre l'antisémitisme.

"En l'absence de l'ambassadeur" à Paris, c'est le chargé d'affaires de l'ambassade américaine qui s'était rendu à cette convocation.

Charles Kushner est le père de Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump et proche conseiller de celui-ci.

9 commentaires

  • 13:24

    La France ferait mieux de sévir contre les déficits qui continuent inexorablement de plomber l'économie du pays en engageant une réduction drastique des dépenses publiques, mais au lieu de cela on noie le poisson afin de reporter sur les successeurs la gestion de ce problème.


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